Textes et Réflexions

« Retours vers... le plus que présent » ou The Virtual Clinic Wall*


Le virus nous regarde pendant que nous nous regardons par écrans interposés...   

Il s’est installé dans un premier temps comme un hôte non identifié dans des contrées lointaines, il y a une année, inoffensif en apparence puis très vite il s’est imposé et a pris une allure douteuse.

Suivant les chemins de la mondialisation, il a emprunté comme chacun et tranquillement ces nouvelles routes non pas de la soie mais de l’ « entre-soi » des pays riches et émergents par différents moyens de locomotion et est arrivé jusqu’à nous sans être trop inquiété malgré son absence de passeport. Il s’est nourri de nous, nous a isolé puis, rapidement, il a fait son lit dans nos doutes, nos peurs, nos colères et surtout, nos ignorances.

Il est aujourd’hui une véritable star des médias et un enseignant infatigable de nos vies ne se privant pas de mettre l’accent sur la vulnérabilité que contient l'utopique «faire société» tout en interpellant le politique dans sa quête de pouvoir et de certitudes.

Le néo-libéralisme, aujourd’hui bien installé dans le maillage de nos vies, qui prône la technocratie et les neurosciences dans un souci plus ou moins dissimulé de réduire l’Être à la performance, frissonne enfin mais sans toutefois fléchir tout à fait devant la situation pandémique qui pourrait bien redonner toutes ses lettres de noblesse à l’éthique, au sens premier de l’existence.

 

C’est ainsi que le pouvoir médical, du haut de ses fragiles connaissances, est descendu de son piédestal avec une humilité enfin avouée par la plupart de ses représentants pendant que d’autres s’accrochaient encore à leurs ambitions et leurs arrogances affichées qui interrogent la sincérité de leur dévouement à autrui et doivent faire frémir Hippocrate et son serment.

Et soudain, la science est devenue incertaine, retenue, prudente, falsifiable à l’instant où chacun interrogeait ces mêmes esprits scientifiques dans une attente fébrile non satisfaite. Elle s’est trouvée ainsi reléguée au rang de panser pendant que chacun tentait de penser avec inquiétude un présent effeuillé de son inséparable acolyte... le futur. Ils redevenaient des gens parmi les autres.

Dans le même temps, et bien que désargentée voire négligée, la Recherche, par son approche dynamique où doutes et connaissances se côtoient habilement, tentait de répondre au mieux à toutes ces questions pressantes et trouvait enfin la place qu’elle mérite. C’est à elle que l’on s’en remet aujourd'hui encore...

Discordance des temps, rencontres improbables entre points de vues économiques, politiques et scientifiques, les avis fusaient de toute part rythmant ainsi nos matinées radiophoniques ou télévisées sur des chaînes d’infos en continue dans un mouvement frénétique, bien orchestré et, disons le, quelque peu voyeuriste.

Les morts s’égrenaient dans un décompte étrange, leur monument funéraire se résumait à un bandeau qui défilait sur le bas de l’écran, une rue puis un quartier puis un village entier venait de  disparaître de la carte.

 

Et soudain, c'est le temps de l'ordre sanitaire... confinement.

Avec lui, on change de forfait. De l'illimité, comme nouveau curseur temporel et illusoire de nos vies, on revient au bon vieux forfait limité d'antan avec lequel il va falloir composer dans ces retrouvailles forcées et quitter un confinement bien connu de tous, celui de l'Avoir sur l'Etre...

Le temps des excès, des besoins à satisfaire déclinés dans un langage saturé de «gavé», «trop», ou de l'incontournable «j'ai tout donné» se conjugue enfin avec modération.

Alors, donnons tout oui, mais à l'humilité et à la nuance comme les curseurs d'une vie à venir.

C'est ainsi que nous avons regagné nos pénates sur des injonctions présidentielles graves et monocordes, nous avons fait des provisions parfois absurdes dictées par des angoisses plus ou moins enfouies, nous avons allumé nos ordis, rempli des attestations et bien sûr, fait chauffer les réseaux sociaux.

Enfin, nous avons mesuré le périmètre « promenable » autour de nous comme le faisaient certains peuples primitifs qui cantonnaient leurs existences à un espace connu et délimité sur recommandations des Sages car, au-delà de la montagne sacrée ou d’inquiétantes étendues environnantes, les esprits malins rôdaient…

Nos mouvements et déplacements se sont donc réduits  à des portions congrues, l’activité économique était interrompue mais très vite soutenue par l’entrée en scène de la Corne d'Abondance que l'on croyait tarie sous les traits du désormais célèbre «quoi qu'il en coûte» signifiant dans le même temps le retour de l'état providence en anticipation à nos manques à venir.

Et pendant ce temps incertain, la nature poursuivait sa marche en avant sereinement et prenait place là où elle avait été remerciée par une ère industrielle un peu trop conquérante. Sous un ciel à nouveau limpide, des drones nous faisaient découvrir des villes portées disparues sous une inquiétante pollution tandis que les citadins de ces mêmes villes découvraient, eux, un ciel immaculé ou, la nuit tombée, le Pierrot Lunaire au dessus de leurs têtes !

 

C’est donc dans ce ballet improvisé que les chasseurs/cueilleurs sont rentrés chez eux.

Homo Erectus devenu Sapiens s’est replié douloureusement sur lui dans l’attente d’être rassuré et déconfiné ! 

Edgar Morin ajoutera le terme d’Homo Demens, qualificatif osé mais tellement adapté aux comportements isolés de certains et à ceux d’une collectivité parfois absurde marquée par un individualisme de plus en plus pesant.

 

Un «aller vers» que nous avions entendu dans un précédent écrit comme LE mot d'ordre incontournable de la prévention spécialisée et qui devenait un véritable « retour vers » le domicile !

 

C'est ainsi que nous nous sommes assis, quasi figés et que nous avons accompli cet « aller vers inversé » vers des liens obligés par écrans interposés où des mosaïques de visages tentaient de restituer tant bien que mal cette nouvelle configuration d'équipe distanciée, l’illusion d'être ensemble dans un présent mal identifié.

Il en a été ainsi pour ma mission de clinicien qui s'est poursuivie dans ce nouveau format auprès d'une équipe éducative que j'ai retrouvée (et retrouve encore) chaque semaine et qui s'est engagée sans retenue. Présents et pourtant lointains, à nous de jongler désormais avec de nouvelles unités de lieux, de temps et des affects qui vivent en direct l'épreuve de la dissonance possible.

Le bateau tangue mais ne coule pas, les retrouvailles hebdomadaires sont par moment teintées de lassitude qui ne vient toutefois pas à bout de l'engagement sans faille de l'ensemble de l'équipe.

 

Enfin, un « aller vers » un peu particulier, certes, mais éclairant sur la confiance accordée à cette équipe et à votre serviteur par le Directeur de l'Association qui a favorisé et permis

l'accomplissement de ce travail sans aucune ingérence ni surveillance des salariés. Une confiance et une bienveillance qui n'ont pas fléchi depuis un an déjà, se poursuit au moment de ces quelques lignes et met à jour des liens qui, je le souhaite, perdureront et apporteront toute la quiétude et le liant nécessaires à ces missions éducatives souvent complexes dès nos libertés retrouvées.

 

Mais qu'en est-il de ce télétravail, de ces visios, de ces relations en distancielle dont le terme désormais consacré ressemble plus à un oxymore qu'à un projet de vie !

Un mot très rapide à ce sujet : il a été demandé par les autorités en place et par bon nombre de médias (plus ou moins légitimes) que chacun respecte la « distanciation sociale ». Que nenni, aberration absolue, contre-sens total alors que le destin funeste du virus et de sa propagation se contentent d'une simple mais efficace « distanciation physique ». Maladresse, signifiant mal choisi qui mettrait en péril, dans son application stricto sensu, l' Humain fait de cette dimension sociale contenue intrinsèquement dans l’ADN de notre identité car, faut-il le rappeler, l'homme n'est pas auto-suffisant narcissiquement et se nourrit dans le regard de l'Autre.

 

Revenons à nos moutons ou plutôt...à nos écrans.

 

Les réunions en visio ont, me semble-t-il, donné une intensité particulière au temps présent que j’ai pris la liberté de baptiser le « plus que présent ». Il est là et se manifeste parfois de façon très simple, d'autres fois plus insidieusement, plus intensément. C'est ce que nous allons essayer de voir.

 

Il a pris place dans nos foyers tapissés de nos écrans et a donné un rythme singulier à notre intimité lors des appels sonores émis par nos ordinateurs ou nos téléphones signifiant le début de la réunion.

Le signal du temps a surgi, un peu comme le lapin blanc muni de son réveil que Alice va suivre aveuglément jusqu’à lui faire quitter la réalité en franchissant le miroir dans, vous l'avez bien sûr deviné : « Alice au pays des merveilles ».

Ce temps présent est pour nous aussi un franchissement, la rencontre avec une autre réalité qui a abrasé les lieux témoins de nos réunions passées, mis en suspend les liens physiques et le café fumant qui accompagnait des pauses dédiées au «off», proposé une dialectique appauvrie de toute considération philosophique et humanisante.

Une réalité derrière des miroirs connectés qui se décline maintenant sous les formats Team's, Skype, Zoom et autres supports en donnant parfois une allure de miroir déformant à ces réunions lors de connections instables illustrées par des flous, des phrases interrompues, des visages figés et sans parole un peu comme des captures de nous qui nous invitent à voir ce que nous pouvons être aussi. Imparfaits, arrêtés, absents malgré les apparences...

La possibilité d'une vie en quête de fluidité dans ces mises en scène hebdomadaires et ces arrêts sur image qui mobilisent alors nos capacités adaptatives comme des conditions indispensables pour saisir et vivre au mieux ces instants troublés qui alimentent une partie de notre quotidien.

 

La singularité de ce temps hypertrophié contraignant est que ces échanges virtuels suggèrent l'efficacité, le rendement et renforcent l'immédiateté de nos existences.

 

En effet, le télétravail dans sa configuration actuelle, met à jour un aspect qui n'est pas sans conséquence sur nos fatigues ressenties, notre lassitude et nos équilibres psychiques.

Car, avec ce nouvel objet médian, il s'agit bien là d'une invitation à la performance contenue dans ce temps augmenté (référence à l'homme augmenté) qui sollicite chacun dans ses capacités d'attention, de concentration lors des échanges qui imposent une exactitude des propos et donc, de l'exigence.

Le cognitif l'emporte désormais sur l'affect. Privé de la dimension non verbale du discours, le locuteur est alors sous les regards croisés des participants, il est mis en demeure d'être à la fois précis et concis s'il ne veut pas perdre l'attention de ses auditeurs et conserver à leurs yeux une certaine crédibilité.

Quant à la place donnée à la dimension séductrice et subjective du récit, elle restera elle aussi confinée dans ce nouveau cadre strict et sans concession dédié à chaque intervenant.

Enfin, on peut observer qu'il y a avec ce support un réajustement obligé des places des participants  par une technologie imposée qui fait avorter de fait toutes velléités de hiérarchiser l'espace par des places attitrées rassurantes ou stratégiques dans un souci de confort personnel qui ne peut plus s’exercer en visio. A chacun une case et, c'est parti...

C'est pour toutes ces raisons aussi que le télétravail peut être vécu comme un support éprouvant dans la mesure où il sollicite des zones du cerveau hyper stimulées qui font d'ailleurs le bonheur des chercheurs en neurosciences soucieux de les localiser et, peut-être, de trouver enfin le Graal des temps modernes, les secrets du cognitif.

 

Faisant fi de cette conquête du Graal, et à propos du présent, Jean d' Ormesson écrivait: « le présent est un filet invisible sans odeur et sans masque qui nous enveloppe de partout. Il n'a ni apparence ni existence et nous n'en sortons jamais. Nous en sommes prisonniers ».

 

Un des effets observés de ce dispositif dans notre clinique hebdomadaire est que les situations individuelles abordées lors de ces réunions « made in Covid » prennent de plus en plus la forme de pensées généralistes et d'observations plus globales de la vie dans les quartiers.

A ce sujet, de nouvelles demandes se sont récemment manifestées, non pas celles formulées par les jeunes rencontrés comme on pourrait le penser mais, plus inattendues, par des tutelles inquiètes qui interpellent les acteurs de terrain sous forme de questionnaires en quête de réponses éducatives face aux rixes entre bandes rivales. Mais voilà, une fois de plus, c'est une réponse simple, rapide et précise qui est demandée face à des phénomènes actuels que les sociologues observent depuis la nuit des temps et qui ne peuvent être élaborés qu'au fil d'une pensée complexe tant ce qui se passe est multifactoriel.

S'il s'agit de formuler une réponse prudente et nuancée alors, elle prend le risque d'être non recevable, inutile voire insolente. Observation transposable dans moult strates de notre société...

 

Si ce télétravail peut être envisagé comme un « booster » du temps présent ou encore devenir un véritable terrain de jeu pour les aficionados du cognitif fondant sur nos méninges confinées, il peut aussi être analysé sous un autre angle que j'ai cru percevoir au cours de mon travail hebdomadaire réalisé avec l'équipe éducative de Talence mais également avec d’autres équipes que j'accompagne.

En effet, il me semble que ces réunions en visio fonctionnent un peu comme un exhausteur de goût ou encore comme un bain révélateur, celui que l'on utilisait dans le développement des photos argentiques.

L'épreuve est en apparence d’un blanc immaculé jusqu'au moment où le photographe va la tremper dans le bac révélateur et fera apparaître la photo qui existait déjà mais non encore visible à l'oeil nu.

C'est exactement à cela que je fais allusion en voyant apparaître ce mur d'images sur mon écran encore neutre qui pourrait symboliser ce bain révélateur de la nature des liens d'avant. Mais, quid de cette métaphore ?

Sans doute que si ces liens existaient déjà, si les personnes faisaient équipe et étaient authentiques dans leurs engagements sur le terrain, c'est tout ceci que l'on retrouve chaque semaine. Le dispositif est en place, tous les participants sont ponctuels au rendez-vous, le matériel et les réglages sont opérationnels, pas de faux fuyants, la visio peut commencer.

Et c'est le cas avec l'ensemble de cette équipe, un ressenti agréable qui rend supportable ce qui pourrait ne pas l'être. C'est important pour moi de partager cela avec vous.

Je passerai rapidement sur un autre franchissement, celui des frontières entre dedans et dehors, entre vie professionnelle et privée, un voyage imposé auprès de nos intimités pour partie révélées par un intra-muros qui met à jour des arrières plans personnalisés tels que le comptoir bien rangé...ou pas... de la cuisine décor de la vidéo, un extérieur boisé donnant des envies d'évasion voire de légitimes jalousies, une bibliothèque, des photos ou gravures énigmatiques, et parfois, un chat qui passe sans se soucier de ce qui fait pour un instant son heure de gloire, son télé à chat !

 

Si ce dispositif imparfait a tout de même le mérite d'exister et a permis que nous poursuivions nos réunions, je ne résiste pas à l'envie de partager avec vous une trouvaille bien dans l’air du temps que j'ai faite récemment (un peu sidéré je dois dire). J'ai lu qu'une firme de cosmétiques s'était acoquinée avec un site pour proposer aux utilisatrices du télétravail un maquillage virtuel, une sorte de filtre qui donne l'illusion instantanément d'être prête et parfaite pour affronter à la fois son image et les regards croisés des participants . Une apparition à la Lady Gaga en trompe-l'oeil avec la mise en demeure tout de même d'être plus Lady que Gaga!

Il n'en n'est rien de ces pratiques dans nos réunions, je vous rassure.

Bon, pardonnez-moi cette petite « gagatisation » cosmétique mais avec toutes les frustrations que je vis, je n'ai plus de filtre moi non plus !!!

Assurément, un confinement qui nous offre aussi quelques distractions...

 

Je voudrais terminer cet écrit déjà bien long en élargissant cette réflexion sur le travail en visio en levant la tête de mon écran et en regardant vers les étoiles.

Un point de vue assurément moins technique, presque poétique et, si j'osais, un peu plus métaphysique dans son intention de relier intimement nos destins communs au mouvement permanent qui nous anime à l'instant où le confinement nous suggère une posture contre nature, l'immobilité.

Car si le mouvement c'est la vie, l'après mais aussi la grâce, qu'en est-t-il de cette immobilité ?...

Et pour illustrer cela, qui mieux que Nicoletta qui chantait : « Ma vie est un manège ». Explication...

Si, comme nous l'avons vu, nous sommes assignés à résidence derrière nos écrans dans un temps augmenté, limités dans nos déplacements par le couvre-feu, il n'en demeure pas moins que le théâtre de nos existences mêmes confinées se joue dans un mouvement perpétuel et qui s'affranchit avec aisance de ce nouvel ordre sanitaire. Sauf, peut-être, en bons latins que nous sommes, de nos mouvements...d'humeur !

En effet, et pour rappel, nous, terriens, avons longtemps pensé que la terre était le centre de l'univers, qu'elle trônait immobile et que tout tournait autour d'elle, de nos égos en somme.

Jusqu'à ce qu’un certain Copernic puis Galilée passent par là, révolutionnent l'ordre établi avec leur théorie de l'héliocentrisme, bousculent la voûte céleste dont la religion s'était emparée et...patatras !

Après eux, la science n'a cessé d'évoluer nous apprenant avec précision que nous vivons dans un espace dynamique constant mis en lumière par des découvertes de la physique telles que la théorie de la relativité puis la physique quantique et plus récemment, la cosmographie qui nous révèle l'existence de galaxies infinies dont celle de notre système solaire qui a une vitesse de rotation de 630 kms à la seconde.

En résumé : la terre tourne sur son axe tout en tournant autour du soleil pris lui-même dans un mouvement permanent...etc..etc...

C'est un peu comme si nous étions installés sur un manège à plusieurs rotations quand soudain l'animateur ordonne à ses passagers l'immobilité immédiate. Un véritable parc d'attraction terrestre !

 

Et c'est sur ce même manège où il n'a pourtant pas été convié, que le virus a pris place lui aussi ajoutant un autre mouvement, celui des « mouvements de masse ». Une invitation faite à chacune et chacun sans distinction à monter massivement sur un nouveau manège, celui de la prévention et de la vaccination afin d'assurer la pérennité voire la survie du groupe, du « vivre ensemble » dont, il faut espérer, nous prendrons enfin conscience.

Une sorte de « virus inclusif » oserais-je dire...

 

Alors, lorsque l'on est stoppé net dans nos élans, lorsque notre libre circulation se réduit dans le temps et dans l'espace, lorsque l'on intègre ce bal masqué sans orchestre, comment ne pas ressentir un léger mal-être, un vacillement, un ressenti désagréable qui ne serait peut être pas dû uniquement à la seule injonction gouvernementale jugée trop injuste mais à un autre vertige. Cette immobilité tourbillonnante, ce polaroïd de nos vies, que nous révèlent-ils de notre condition, de notre arrogance devant la nature, de notre individualisme assuré, de nos consommations excessives comme des confinements avérés qui rythment déjà nos vies depuis belle lurette ?

Vaste question qui suggère déjà un regard sur un avenir espéré, un prochain texte peut-être ?...

 

Mais aujourd'hui, que nous reste-il vraiment pour faire le pas de côté nécessaire afin de donner un sens à nos existences, au sentiment de liberté retrouvée ?...

Peut-être des confinements libérateurs tels que la lecture, le rêve, l'imaginaire ?...

 

 « lire, c'est pouvoir vivre mille vies » écrivait Umberto Eco.

 

Car chacune de ces invitations possède cette vertu de nous transporter loin et sans autorisation à signer, de nous proposer des voyages intergalactiques flamboyants ou parfois des randonnées plus hasardeuses au fil de nos pensées dans les ruelles sombres et escarpées de notre refoulement, emprunter des voies sans issue ou des voix détonantes de l’inconscient.

Ainsi, on peut danser à la cour de Versailles ou virevolter sur un tapis volant, être un autre, plus rien ne peut nous empêcher d'accomplir cet « aller vers » sans frontière et de franchir les murs les plus épais de nos inquiétudes.

 

Tous confinés à réfléchir à notre vulnérabilité collective, à notre individualité déplacée, ou attendre incrédules des solutions miracles pendant que la nature poursuit sa route tranquillement en nous rappelant que l'homme n'est pas et ne sera jamais le centre de l'univers.

 

Einstein in Sa vie, Son œuvre écrivait: « la nature cache ses secrets par sa supériorité intrinsèque, mais non par ruse ».

 

...La nature nous regarde pendant que nous nous regardons par inquiétudes interposées.

                                                    

Olivier Wagner, Psychologue Clinicien, Psychothérapeute.

Association Frédéric Sévène.

Avril 2021

 

 

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

* Mur Clinique Virtuel


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